Le Procédé de Réinsertion

Méthodologie générale

Les Dauphins seraient transférés de leur delphinarium vers le territoire de l’étang de Berre et confiés à des soigneurs qualifiés, encadrés par des scientifiques et des vétérinaires.

1°) Ils seraient accueillis en petit nombre (4 à 10) le temps nécessaire. Le site envisagé est assez vaste pour que puissent réapparaître les comportements naturels des Dauphins sauvages, en particulier la chasse de bancs de poissons qui s’y aventurent, et assez isolé par endroits pour les affranchir de leur dépendance des hommes, de façon lente et progressive.

2°) Le premier objectif serait de les accoutumer à suivre une embarcation faisant office de base logistique autonome, sans emprise à terre sauf pour son avitaillement à quai et les changements d’équipage par bordées. Ce résultat pourrait facilement être atteint en leur apportant de ce bateau le type de nourriture congelée et vitaminée qu’ils avaient été habitués à recevoir en delphinarium depuis le sevrage. Pendant toute cette phase, le navire effectuerait plusieurs fois par jour des allers-retours sur le canal de façon à les forcer à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres par jour. On veillerait à constituer des groupes homogènes et hiérarchisés, habitués à se déplacer ensemble, par les techniques classiques d’un conditionnement opérant renforcé par le nourrissage.

3°) Le deuxième objectif, serait d’emmener le groupe ainsi formé à se nourrir en mer en chassant du poisson sauvage, résultat qui serait obtenu en suivant un programme de sorties en mer de plus en plus prolongées et de plus en plus lointaines. Par la voie navigable de Caronte et par le golfe de Fos, ces sorties conduiraient le petit troupeau vers les zones poissonneuses du large de la Camargue, pour revenir ensuite à l’abri dans le canal.

4°) Ces sorties seraient l’occasion de premières rencontres avec des congénères sauvages dont il leur faudra plus tard affronter la concurrence. Chez ces animaux grégaires, la capacité à chasser en groupe, mais aussi la capacité à établir et respecter des rapports de cohabitation équilibrés avec les groupes voisins sont des facteurs critiques pour les installer dans leur biotope naturel. Des ajustements dans la taille et dans la composition du groupe s’avèreront peut-être nécessaires, si certains individus devaient être écartés et gardés plus longtemps dans le canal, en attendant d’intégrer un nouveau groupe.

5°) Parvenu à maturité comportementale, le groupe pourrait alors être conduit en suivant la bande des 15 miles de la côte languedocienne (quelques mètres à une quarantaine de mètres de profondeur) jusqu’au Parc naturel du golfe du Lion, seule aire marine protégée qui pour le moment ait été créée sur les côtes méditerranéennes françaises.

6°) Ces Dauphins pourront dès lors faire l’objet de suivis, en collaboration avec des experts répartis dans les instituts compétents, et sous réserve d’accord des instances de contrôle de la recherche. Ceci implique d’éveiller l’intérêt des autorités compétentes en charge de l’orientation de la recherche au sein de la communauté scientifique. La richesse en ces ressources de la Méditerranée française est à signaler, avec d’Ouest en Est, l’École nationale vétérinaire de Toulouse (université Paul Sabatier), l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Arago), le Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (Université de Montpellier), l’Institut méditerranéen d’océanologie installé dans plusieurs sites de Marseille à Toulon (Station marine d’Endoume, Centre de Luminy, Base Ifremer de la Seyne-sur-mer, site de La Garde de Université de Toulon), ainsi que les divers partenaires publics ou privés réunis sous l’ombrelle du Parc national de Port-Cros, dans la partie française du groupe de gestion du sanctuaire international Pelagos, structure dépendant du ministère de l’Environnement et installée à Hyères.

On notera que dans l’Inventaire national du patrimoine naturel transmis à Bruxelles en septembre 2012, le parc national des Calanques et des îles marseillaises (site FR 930-1602), distant de 15 miles marins seulement de l’étang de Berre, est mentionné comme l’un des cinq sites très importants de France métropolitaine pour le Grand dauphin (espèce 1349) ; un second site se trouve à 180 miles, sur le plateau du cap Corse, en plein centre du vaste sanctuaire international Pelagos (87 500 km2) ; les trois autres sont éloignés et sont en Manche occidentale et en mer d’Iroise

Tiré de la Présentation générale du projet DELPHINOROVE  avril 2016 par Guy Imbert et Vincent Bourret.